Prévenir la dénutrition des seniors : les bons réflexes au quotidien
La dénutrition correspond à un déséquilibre entre les besoins de l’organisme et les apports alimentaires. Chez la personne âgée, elle peut apparaître progressivement après...
30/10/2026
La dénutrition correspond à un déséquilibre entre les besoins de l’organisme et les apports alimentaires. Chez la personne âgée, elle peut apparaître progressivement après une maladie, une hospitalisation, une perte d’autonomie, un deuil ou une difficulté à faire les courses et à préparer les repas.
Elle fragilise les muscles et l’immunité, augmente le risque de chute, de perte d’autonomie, d’infection et de retard de cicatrisation. La Haute Autorité de santé recommande donc un repérage régulier, à domicile comme en établissement.
Une baisse d’appétit isolée n’est pas toujours alarmante, mais elle doit être observée lorsqu’elle se prolonge ou s’accompagne d’une perte de poids.
Le poids est un indicateur utile, mais il ne suffit pas. Il faut également observer les changements dans les habitudes alimentaires, l’état général et l’autonomie.
Selon les critères de la HAS, chez une personne de 70 ans ou plus, une dénutrition est notamment suspectée en présence d’un critère de perte ou de diminution des réserves corporelles associé à un facteur causal. Une perte d’au moins 5 % du poids en un mois ou 10 % en six mois constitue un signal important. Le diagnostic doit toutefois être posé par un professionnel de santé.
Face à une perte d’appétit ou de poids, il est préférable d’agir sans attendre plusieurs semaines.
Les compléments nutritionnels oraux ne remplacent pas automatiquement les repas. Ils sont proposés par un médecin ou un diététicien selon les besoins, les capacités de déglutition et les habitudes de la personne.
La personne âgée doit pouvoir manger dans de bonnes conditions : assise correctement, dans un espace éclairé et sans précipitation. Une aide ponctuelle pour ouvrir les emballages, couper les aliments ou installer le plateau peut suffire à éviter un repas incomplet.
Il est utile de prévoir des aliments faciles à consommer et denses sur le plan nutritionnel : omelette, yaourt au lait entier, fromage, poisson, viande hachée, légumineuses, dessert lacté ou tartine enrichie. Les textures doivent être adaptées uniquement si nécessaire, notamment en cas de troubles de la mastication ou de la déglutition. Une toux pendant les repas, une voix mouillée ou des fausses routes justifient un avis médical rapide.
La famille peut également organiser les courses, les repas partagés, le portage de repas ou l’intervention d’une aide à domicile. L’objectif est de soutenir la personne sans faire systématiquement à sa place.
En EHPAD, le repérage repose sur l’observation quotidienne et la transmission entre les professionnels : médecin coordonnateur, infirmiers, aides-soignants, diététicien, équipe de restauration et ergothérapeute si besoin.
Le projet alimentaire peut intégrer les préférences de la personne, ses habitudes culturelles, les textures adaptées, les horaires, la présentation des plats et l’aide nécessaire à table. Le suivi porte notamment sur :
Un échange avec les proches permet de connaître les aliments familiers et les changements récents. À l’EHPAD L’Orée du Lac, cette approche personnalisée contribue à faire du repas un moment de soin, de plaisir et de lien social.
Une perte de poids involontaire, une baisse durable des apports, des troubles de la déglutition ou une grande faiblesse doivent être signalés rapidement au médecin traitant ou à l’équipe de l’EHPAD. Une prise en charge urgente est nécessaire en cas de malaise, déshydratation importante ou impossibilité de boire et manger.
Non. La contrainte peut augmenter l’angoisse et le refus alimentaire. Il vaut mieux rechercher la cause, proposer de petites quantités plus souvent, respecter les préférences et demander conseil à un professionnel de santé.
Oui. Le surpoids ne protège pas d’une perte de muscle ni d’apports insuffisants en protéines et en énergie. Une perte de poids rapide ou une faiblesse musculaire doivent être évaluées quel que soit le poids initial.
Le médecin, l’infirmier, le diététicien et les autres professionnels formés peuvent contribuer au repérage. Le diagnostic médical s’appuie sur l’évolution du poids, l’examen clinique, les apports et la recherche des causes.